Hibernation or not hibernation, après cette fin novembre agitée ?
Une, deux, trois matinées à la Bécasse, enfoncé dans les profondeurs de la Bretagne secrète et préservée, à enjamber les ruisseaux sous la mousse, ou à tomber dedans ; à casser les branches pousser les ronces, à la recherche de ma demoiselle tant convoitée. Horus, mon vieux compagnon de 11 ans est attaché plus que jamais à sa quête alors que Solo pourtant en pôle position semble s’essouffler sous les fougères mordorées. L’oiseau est rare, presque inexistant, l’homme doute sur ses chiens, son choix de territoire, il se désespère devant la multiplication de ces rendez-vous manqués.
Soudain une cloche s’arrêtes, ding… ding… puis l’autre et le silence pèse sur la forêt, les tempes battantes, presque assourdissantes je reste dans un état de rêve semi-éveillé. Un bref coup de sifflet en sourdine pour prévenir mes compagnons : oui je sais les gars, mais où êtes-vous ? Et ils me répondent d’un léger ding… je les repère mais dans mon abrutissement je perds du temps, la demoiselle a déjà filé à pattes sous la feuille, certainement en faisant la roue devant les chiens tendus à tout rompre.
Puis tout s’arrête à nouveau, elle est là !
Toujours sur mon nuage, j’essaye de me placer ; d’un coup d’œil j’aperçois ce gros arbre là bas, en me disant si j’étais bécasse c’est derrière lui que je camouflerais ma fuite !
Flap, Flap, le claquement d’aile raisonne dans l’air humide et la boule de plume s’élance, un zig, un zag et la voilà cachée derrière le gros tronc… j’attends un dixième de seconde pour la voir réapparaître.
Mon coup retentit, mais je sais déjà qu’il est trop tard, je baisse mon calibre 28, récupère la cartouche vide, et c’est honteux que je réconforte mes chiens vexés par tout ce travail gâché.
En cuisine l’effet nettoyage et nature me va bien, avec le retour du foie gras en porte bois farci tourteau, et servi avec une crème de cocos vendéens marbrée d’une toute nouvelle émulsion marine à la Dulse ; ou encore un carpaccio de pied de cochon, accompagné d’une fine gelée d’ail doux , parsemé de couteaux et de navets de Pardhaillan, juste excités par une vinaigrette chorizo.
Mais la route m’appelle à nouveau…
La mise en place bien calée dans le camion frigo je reprends la route cette fois-ci accompagné de mon autre second Donatien.
Le rendez-vous est incontournable : les Gastronomades à Angoulême.
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