C’est l’été suis tout bronzé et reposé, les saisonniers sont arrivés et ça j’adore, on a malheureusement pas trouvé de sommelier supplémentaire, mais on va se débrouiller avec un serveur de plus.
Le rab de vacances c’est bien mais il ne me reste que très peu de temps pour récupérer le temps perdu.
Je vous ai parlé un peu plus haut d’une grande marque et d’un projet, et bien c’est ok, la marque c’est Lesieur, le tournage est prévu juste après le week-end du 14 juillet, et le but est de refaire le site Lesieur.fr, pour la rentrée.
Mon travail ? Attendez ne soyez pas impatient !
Moi j’interviens d’abord comme chef conseil, oui Monsieur, avec la création de plusieurs recettes sur des thèmes précis, comme « elle vient enfin chez moi », ou « vite les potes débarquent », pas facile au départ d’écrire chaque recette de façon visuelle, et qu’elle correspond a la cible visée par la marque.
Trop grande cuisine, trop long, trop dure….
Et je vous rappel que je viens de rentrer de Grèce qu’il me reste à peine 10 jours, et qu’en même temps je dois sortir ma carte et mes menus d’été !! Mais c’est moi qui l’ai voulu.
AU BOULOT Mr !
En même temps c’est la folie des journalistes, le défilé des photographes, l’Express, Le nouvel Obs, Le Figaro madame, Nantes gourmand, Jalouse, Village mag etc…
Du travail pour le jour, du travail pour la nuit et hop patatrac et tout est finis en temps et en heure, même moi j’ai du mal à y croire.
le 17 Juillet arrive très vite, et c’est le moment du grand départ, à 5h du mat la boule au ventre comme un écolier qui effectue sa première rentrée, j’attends le TGV à la gare de St-Nazaire.
Hier soir, en dernière minute, je me suis tapé le best of de Jamie –Oliver et au service j’ai eu la visite de François Fillon, du PDG de Krug et de mon ami Damien, producteur de fruits rouges, et avec les valises et les papiers, Cette nuit je n’ai dormi qu’une heure et demi et je ne suis vraiment pas en grande forme
Il est 9h ou 9h15 quand j’arrive comme prévu à l’adresse du loft Parisien, les retrouvailles avec ceux qui vont devenir tuteurs pendant une semaine sont assez brèves.
Du coté de Lesieur, le responsable me demande d’enlever mes boucles d’oreilles pour ne pas choquer les dames ! Il a vu ça où lui ?
Il a de la chance je suis complètement groggy par le voyage, un pied encore chez moi et la tête écrasée par la chaleur déjà très lourde de cette semaine de canicule Parisienne.
J’accepte mais le deal commence mal, ne sont ils pas venu me chercher justement pour la différence ? Le jour du casting j’aurais refusé net.
Bon, après un bon maquillage, la mise en place des lumières, du son et des caméras on tourne !
C’est la cata, je ne suis pas Jamie Oliver, je n’ai pas le même flot de paroles et je n’ai pas d’équipe derrière ni pour réaliser les recettes à l’avance et me permettre de ne faire que du show, ni pour nettoyer la cuisine.
Et je ne suis pas acteur tout simplement !!!
Une journée pour une recette, simple en plus, un carpaccio d’ananas a l’huile d’olive ; la chaleur, la fatigue le stress, il est 21h quand je prends le chemin de Montreuil, la nuit va tombée et j’ai envie de rentrer chez moi !
Le deuxième jour je reviens un peu regonflé, j’ai pas beaucoup dormi, à peu prés 3 heures, mais l’inconnu l’est un peu moins et je dois remplir mon contrat et être à la hauteur.
Mais même si ça se passe un peu mieux on est loin du résultat escompté et le timing est court ; à chaque minute perdue tout le monde se demande comment nous allons boucler les trente recettes et gestes d’ici samedi ?
Je propose un plan B, mais y’en a pas ! Alors je perce l’abcès, c’est quoi le problème ? Trop académique ! Pas assez fun !
Mettez vous a ma place, une équipe de tournage, que je connais a peine dans une toute petite cuisine, des projecteurs et deux caméras en permanent, ce sur moi et avec lesquels je doit jouer, des gens concentrés et transpirants, légèrement agacés par mon manque de compétence.
Et pour couronner le tout une cuisine un peu glauque, sans fenêtre ou la température dépasse les 35°, pas de matériel professionnel, et des journées entières enfermé dans ce loft sans ouverture, sans musique …
Mais tout va s’arranger, je redécore ma cuisine, car elle devient très vite ma cuisine, on met de la zic entre les prises, ce qui détend tout le monde et du coup permet aux plaisanteries et autres vannes de faire leur apparition, l’ambiance plus décontractée me donne des ailes et tout devient beaucoup plus simple.
Il est de nouveau 21h quand je quitte le boulot, il faut rentrer rapidement car je dois réécrire mes textes pour demain avant de dormir.
Le troisième jour c’est le jour et la nuit, la caméra devient mon amie et l’équipe de tournage avec, truc le chien et son maître interviennent dans les scènes, Joël aussi, et même si on termine toujours aussi tard je suis super happy quand je rentre retrouver ma sœur qui arrive de Brière ; génial ce soir on va au resto.
La fin de la semaine est un vrai bonheur, celui de dépasser ses peurs, de faire quelque chose de nouveaux de s’être mis en danger et d’avoir vaincu, celui de la rencontre, de la découverte.
Le tournage se termine vendredi soir au lieu de samedi et en plus on a eu le temps de reprendre les recettes des premiers jours, de vider quelques bouteilles de bulles et de se donner rendez vous pour la vie.
De retour en Brière enfin, j’annule ma réunion G.C du lundi, je ne veux plus bouger de chez moi maintenant c’est cuisine et un week-end de fête pour me retrouver, ça y’est pour moi c’est la saison ; il ne me reste qu’a faire mes deux menus pour le Japon, les envoyer a Stéphanie l’assistante d’Alain Ducasse et je n’ai plus d’obligation, à part le plaisir de mes clients et de mon personnel.