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OCTOBRE - NOVEMBRE 2006

Lundi 27 novembre 2006 par Eric Guerin dans carnet de route 2006.

Trois mois normalement plus calmes, un peu plus pour moi, et pour mon entourage !

Mais cette année, j’ai dit oui, il y a déjà longtemps pour un cours de cuisine, puis un autre ici, ou là bas, et soudain tout s’enchaîne, mon emploi du temps se noirci d’obligations, la route est souvent longue et les heures s’étirent… Au resto, il faut jongler avec les congés, pour préserver le reste de l’équipe, et Nicolas, mon second, se masque de cernes noires, et je sens planer cette tension de fatigue que je connais si bien, et pourtant nous sommes au cœur de l’hiver, tant redouté hier pour ses tables vides.
Mais voilà la soirée du tour de France Champerard le 6 novembre (plaisir, honneur et sincérité) mais quel boulot, puis retour sur paris pour une démo pour A. Ducasse sur le salon équip’hôtel, encore un aller/retour, une émission pour la télévision, des recettes à pondre toujours dans l’urgence, des vacances de la Toussaint aoûtiennes… la rançon de la gloire ? Le fruit de presque12 ans de travail ?

Le pari de repousser les limites de la saison au cœur d’une région, d’un lieu, est gagné mais il faut chaque année s’adapter, tout réorganiser, et combien de temps tout ça va durer ?
Alors que l’équilibre de ma gestion se porte sur ces services sur le fil, entre clientèle et personnel…
Et toujours mon contrôle fiscal, pour le moment rien à signaler, sinon quelques factures manquantes, mais Il doit trouver où je truande, et le rendez vous est déjà pris avec un informaticien pour décortiquer ma caisse.

Charmant constat !

Pendant prés de neuf ans j’ai travaillé sur le fil, sans prendre de salaire, devant me rendre au tribunal de commerce pour justifier de l’absence de bénéfice de ma société. Aujourd’hui alors que pour la 3e année, après de grosses prises de risques financières, j’ai réussi à sortir du rouge, il faut maintenant que je rende des comptes sur le résultat « positif » de mon chiffre d’affaire, et le comble c’est qu’on m’accuse d’être un voleur, chez moi ! Ah ! Elle est belle la France, et son esprit d’entreprise ! Allez-y messieurs fouillez, faites moi perdre mon temps, amusez-vous, et n’oubliez surtout pas au passage de noter l’évolution des salaires de mes collaborateurs, les investissements réguliers pour faire avancer la maison, faites vos calculs, quand demain je ne ferai que 10 couverts, un jour, ou deux, peut-être même une semaine, mais soyez-en certain, après ces années de bataille, je ne pourrai pas rester silencieux, question de principe ! Surtout quand on a l’audace de dire à mon comptable : « je viens contrôler parce que vos marges sont trop bonnes, c’est louche » ou encore « je n’ai rien trouvé en analysant les compte et les factures, mais je trouverais quelque chose, je dois revenir avec quelque chose, il truande, ça ne peut pas en être autrement »

Cette fin novembre si douce, va m’apporter une nouvelle surprise ; M…, mon apprenti disparu un soir de juillet (me laissant sans nouvelle depuis) ; abandonnant affaires et travail, volatilisé après un week-end end de fugue sous la protection d’un arrêt maladie, vers le festival des « vieilles charrues », réapparait 5 mois plus tard, comme si de rien n’était, réclamant son solde de tout compte, ses affaires bien rangées, et une signature.
Je me pince, ouille ! Je ne rêve pas.
Pendant ce temps pour moi, impossible de rompre le contrat. C’est rongé par le doute, l’inquiétude, mêlé à la colère, et à la déception de cette trahison de l’affect, que je dois rester, d’après l’inspection du travail, responsable du jeune homme, sans domicile fixe, ni famille ; alors que je ne sais même pas si il est encore en vie ! Lui seul a le pouvoir de demander une rupture de contrat pour échapper au vilain maître d’apprentissage que je suis. Mais voilà c’est chose faite, et au passage il en profite quand même pour dérober ou devrais-je dire emprunter la télévision et la PlayStation de son remplaçant. Mais après tout ! Peut être qu’il va tout me ramener dans quelque mois !??

J’ai aussi « remercié » le deuxième second que j’ai embauché en septembre, pas à la hauteur, tétanisé devant le fourneau… Et hop ! Un de moins…
Coté salle par contre tout va bien, après deux nouvelles embauches.


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