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JAPON 2005 - JOUR 1

Mercredi 5 octobre 2005 par Eric Guerin dans Japon 2005.

Et c’est parti ! Je me glisse tout doucement dans ma peau d’oiseau migrateur, dans quelques heures, je vais traverser la planète, juste d’un coup d’aile. Oui, l’évidence d’un départ imminent me rattrape, et je n’ai pas encore vraiment compris où je vais, et vers quelle contrée magique je vais m’échapper, mais une chose est sûre, c’est l’inconnu qui m’attend.

14h

le gros volatile quitte la piste sans encombre, malgré le poids qui pèse sur son dos. A l’intérieur, nous avons été surclassé grâce aux efforts de David, et c’est vraiment la classe la « business » ! Sièges couchettes, télé perso, coussins massant et beaucoup d’espace (ça il parait que c’est le luxe … !?). Le personnel de bord est aux petits soins, on est loin des vols traditionnels, mais plus proche d’un accueil de restauration ? visite du commandant, du chef de cabine, un vrai défilé ! Champagne et menu à la carte, les douzes heures vont passer très vite. Après un petit repas, nous plongeons tous très vite dans nos rêves de gastronomies asiatiques.

20h15

à Paris, je regarde le plan de vol. Nous survolons la Russie, en dessous, à 10058m une ville de nulle part : Novossibirsk. Il reste 5h31 de vol, 4702km, et l’avion vole à 990km/h. Maintenant la Sibérie ? j’imagine, les plaines désertiques peuplées d’une faune sauvage et de paysages fantastiques. 53° C Brrr, trop froid pour moi, je préfère me replonger dans mon bouquin.

0h30

je n’ai pas coupé le cordon et je suis toujours à l’heure Française, nous survolons Séoul, il reste 1h20 de vol, et après avoir traversé la nuit, il fait jour. Oeufs brouillés et crêpes aux fruits pour le petit déjeuner, chez moi ils terminent le service du soir… Le doute m’envahie, il y a dix ans je me suis installé en Brière juste pour la nature et dans quelques heures je vais atterrir au bout du monde en VIP. Là il y a quelque chose que je n’ai pas encore imprimé. Alunissage parfait, bienvenu dans le monde de Star Trek. Tout semble clean, sans bruit et les gens se suivent dans les couloirs de l’aéroport comme si ils réagissaient à une force cachée… Enfin les portes s’ouvrent… flashs, caméras, micros et têtes de veaux, c’est la « Foodteam » qui fait son entrée comme un Zizou national. Présentations et cartes de visites, population et faunes du pays, c’est le premier contact. Train pour Osaka, arrivée à l’hôtel à 10h30 heure locale. Ouf ! Un peu de calme.

15h

c’est reparti, déplacement à pied à travers les ruelles, fils électriques et pattes de mouches sur les devantures. Les yeux sont bridés, je crois que je suis loin de chez moi. Jeans Baggy déchirés, cheveux décolorés, et coupes à la Manga, il y a un fossé, entre la population de la rue et la délégation de pingouins en costumes bleumarine qui ouvrent notre marche ! À découvrir… Arrivée à l’école hôtelière Tsuji. C’est d’abord la beauté des lieux et des matériaux utilisés qui nous fascine ? Wengé et mobilier contemporain, bronzes à la gloire du légume, écrans vidéo, et plats géants nous entourent. Tsuji c’est aussi prés de 4000 élèves qui étudient chaque jour toutes les cuisines du monde. Il règne ici une impression de force, de pouvoir, de maîtrise. Je me sens vraiment très petit et je me demande ce que je peux leur apporter ? De discours protocolaires biens trop longs et traduits en « Francjap », en visite des diverses salles et de l’amphi pour notre Workshop final, nous comprenons très vite l’enjeu de cette manifestation qui paraît être un véritable enjeu pour nos hôtes et l’aboutissement de 15 jours d’échanges ? bravo pour la pression.
Les interviews individuelles s’enchaînent, et la question du workshop, est déjà pendue à toutes les lèvres. Ils sont fous ces Japonais, ils me demandent le premier jour de décrire le plat que je réaliserais, inspiré par un séjour que je n’ai pas encore effectué ! Vous me suivez ? Parce que moi je suis déjà largué !

17h30

retour à l’hôtel, quelle longue journée, je suis vidé, on passe directement à table, Tapeniaki au menu. Restaurant populaire à base de poulet, on enlève nos chaussures et on se glisse à genoux sous les tables basses de la « chambre » (pièce privée) réservée pour notre venue. Je ne me sens pas trop dépaysé pour ce premier repas où je retrouve à des milliers de kilomètres des
gestes si familiers dans mes séjours Marocains (partage autour d’une table, sans chaussure, sur des tapis et accompagné de thé). Le repas est détendu et l’arrivée d’une jolie japonaise parlant le Français nous réchauffe…le coeur. La bière coule à flot, pour le plus grand plaisir de Christophe, et du coté de la table officielle, les discussions et les rires gagnent en décibels. Le repas est très bon et plutôt copieux, à ma grande surprise. Jus gluant d’ algues, accompagné de riz, poulet cru mariné ou en beignets ? brochettes de volailles, daikon et wasabi, poulet miso, plancha de boeuf, et légumes sur plaque chauffante, et pour finir, bouillon et pâtes glacées servis dans des coques de bambou. Pour le moment, ça ressemble assez aux restos Japonais en France, si on y ajoute des produits plus frais, un goût plus naturel et l’absence totale de graisse.

19h30

it’s time for sleeping, sic !!!
En bons français on se hasarde à demander un bar de nuit, ce qui provoque un petit vent de panique chez nos nouveaux amis. Mais très vite nous partons en grande délégation pour une soirée plutôt loupée dans un bar vide.


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